Entretien du Président du CORCAS avec le Journal hebdomadaire 5
Nommé et pas élu, consultatif et sans aucun pouvoir décisionnel, donc sans assise populaire à le Corcas suscite d'importantes controverses. Faut-il lui accorder un préjuge favorable en dépit de ses limites institutionnelles ?
La réponse ne peut être apportée aujourd'hui car, comme le reconnaît son président, le Corcas ne connaît pas encore les contours de sa mission. Cela dépendra du roi et de sa seule décision.
Les arguments des contestataires ne manquent pas d'intérêt. Selon le professeur Riyad Fakhri, juriste à la Faculté de droit de Settat, originaire de la tribu sahraouie Aït Lahcen, il y a une sous représentation globale au niveau de la composition du Corcas.
Elle concerne les cadres sahraouis formés au Maroc, ceux qui étaient parmi le Polisario et qui ont rejoint le Maroc chargés d'idées et de projets et, enfin, ceux qui étaient installés en Europe.
«Ces derniers, poursuit R.Fakhri, peuvent jouer un rôle prégnant pour faire face ـ la propagande du Polisario en Europe ». Selon d'autres observateurs, le Corcas peut réaliser une rupture avec le passé, si ses membres, notamment au niveau de la présidence, font preuve d'ouverture et d'imagination. La première épreuve de taille aura lieu avec la proposition d'autonomie.
Le Journal hebdomadaire: Vous dites que le malaise qui règne au Sahara occidental est dû à un vide politique. Vous reconnaissez donc l'échec de la politique marocaine dans la région…
Khalihenna Ould Er-Rachid: Je ne suis pas aussi catégorique que vous. J'ai dit qu'il y a un moment où il faut être clair et précis. Et ce moment était le 25 mars 2006, lorsque Sa Majesté a fait son discours à Laâyoune.
JH: Et la politique répressive menée par l'Etat marocain depuis 1975 contre la population sahraouie ? Ne pensez-vous pas qu'elle a favorisé ce climat de tension au Sahara occidental ?
KOE: Mettons-nous d'accord. Il y a eu des phases dans l'affaire du Sahara.
La première phase, entre 1956 et 1975, a eu pour conséquence la création du Polisario. Pourquoi des étudiants, qui ont été à l'université Mohammed V de Rabat, ont-ils créé un mouvement séparatiste ? En revanche, pourquoi nous, les autres Sahraouis qui avons été en Espagne, qui n'avions jamais connu le Maroc, nous avons fait le mouvement inverse ? Ce sont les questions qu'il faut se poser. La deuxième phase, entre 1975 et 1992, c'est la guerre.
JH: C'est aussi la répression, les disparitions, les tortures, les victimes...
KOE: Non, non à c'est la guerre, ce sont des conditions de guerre. Si vous ne prenez pas en considération la dureté de la guerre, les batailles, comment les choses se sont déroulées, les grands armements qui ont été mis en oeuvre, vous ne pourrez pas comprendre tous les enjeux.
On ne peut pas isoler le côté tension politique, répression, disparitions, etc. du côté guerre la Troisième phase, ـ partir de 1991, et le cessez-le-feu. Il y a eu un relâchement énorme. Et c'est cela qui a créé la problématique actuelle. C'est le résultat de 15 années de vide politique, directionnel, dans tous les sens.
JH: Qui en assume la responsabilité?
KOE: Je n'en sais rien. C'est un magma qui a favorisé les événements récents, et un certain manque de confiance. Je veux rendre hommage à l'initiative de Sa Majesté qui vient de tourner la page.
JH: Ne pensez-vous pas qu'elle est venue un peu tard, cette initiative ?
KOE: Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
JH: On dit que vous aviez des rapports assez particuliers avec Driss Basri. Quel type de rapports ?
KOE: Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par « rapports particuliers»
JH: On dit que c'est Basri qui vous a poussé et a aidé à avoir des postes ministériels, etc.
KOE: Tout cela est faux. Basri a été mon collègue, comme beaucoup d'autres ministres. Pendant 17 ans, j'étais ministre de feu Hassan II. Je n'étais pas le collègue du seul Basri mais des plus grandes personnalités du royaume. Cette phase fait partie de la page qui a été tournée le 15 mars et je ne veux pas y retourner
Sources : le site politique du Sahara occidental :
www.corcas.com
Voir aussi : Le portail du Sahara occidental :
www.sahara-online.net
Le site de la culture hassanie :
www.sahara-culture.com
Le site des villes du Sahara occidental :
www.sahara-villes.com
Le site du développement économique du Sahara occidental :
www.sahara-developpement.com
Le site social du Sahara occidental :
www.sahara-social.com
dimanche 27 janvier 2008
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